CORPS DOCUMENTAIRE / CORPS MACHINE OSMOSIS Cie

LA QUESTION -espace scénographique, lumière, interprètes, musique…-

Posted in CHOIX SCÉNO, LUMIÈRE, INTERPRÈTES, IMAGES VIDÉOGRAPHIQUES_(DES)ASTRES... by OSMOSIS CIe-Ali SALMI on février 15, 2010

‘PRENDRE À TÉMOIN… ET SE FAIRE TÉMOIN, ÊTRE TÉMOIN… INVITE LA NOTION DE PRÉSENCE.’
Cette création fixe, au cœur de la ville, porte un regard sur la question de la représentation du ‘témoignage’; témoigner par l’image, la trace, les stigmates, le récit, le miracle, le martyr. Mais aussi : Mourir sans témoin… Vivre sans témoin… L’indifférence face à un évènement… L’obligation de témoigner… Le mythe pallie à l’absence de témoignage!
Confronter le témoignage d’un photo-reporter, Patrick Chauvel, rapporteur de guerre – à celui d’un groupe de 3 danseurs/acteurs et d’une femme à la soixantaine passée, portant au regard d’un public ce fragment du réel au cœur d’un champ de ruine. Confronter la fascination du reporter, à celle de l’artiste, corps héroïque, ‘inutile’, corps stigmate… autant pour le photographe que pour le danseur. -Photographie : P.Chauvel-


La question de l’IMAGE VIDEO
Le travail de l’image vidéo devait porter jusqu’à ma rencontre avec Patrick Chauvel sur l’univers photographique de Jérôme Sessini, notre premier témoin du réel.
Un contenu devenu inadapté du fait de la parole en direct de notre diseur, témoin du réel en direct sur le plateau :
Patrick Chauvel ! Un travail sur l’espace temps et la nature environnante du désastre me semble plus pertinent. Nous nous appuierons sur le paysage de la ville en ruine  -fenêtre sur le réel et l’imaginaire- et sa nature environnante -qui rejoint le texte de Lucrèce  accompagnant le travail sur les ruine de Beyrouth de Sophie Riestelhuber.
Ce travail vidéographique sera réalisé  par Antonello Faretta qui convoquera l’obscurité pour faire jaillir la lumière des images poétiques  des ruines d’une ville engloutie par la terre.
Une peau qui habillerait la surface de projection offerte par  :
Opus n°1 : La surface de projection (format 16/9 de 8m par 4m5), peau sensible, révélatrice de ce qui entoure, ce qui se cache, fragment porteur du réel repose sur une succession de 24 lamelles de PVC transparentes traitées comme une pellicule -obscurciec au solvant, rayées et associées à une couche de poussière d’éléments minéraux-
Opus n°2: Le mur. Inviter la couleur, la lumière et le regard à se jouer d’un intérieur/extérieur qui s’ouvrirait sur l’extérieur/intérieur à travers cette ouverture, ce trou qui invite l’autre côté! Images aux traitements chromatiques qui jouent aussi du temps réel et différé de la danse qui vacille, tombe et se relève, de l’attraction terrestre comme de l’ascension des corps.
-Images vidéographiques : A.Faretta-


La question du DÉCOR – SCENOGRAPHIE (INTERIEUR & EXTERIEUR)

Cette Danse sensible et engagée qui nous anime, m’a amené à rencontrer l’univers “mécanique” & “émotionnel” de Mario Goffé : ‘Les astres m’intéressent, ceux qu’il y a dans le regard d’Ali lorsqu’il parle de son travail, ceux de ce  spectacle  en préparation qui fait briller la même lumière, celle de l’espoir qui émerge quand tout apparaît fini, quand l’impossible a dépassé les bornes, la lumière qui dépasse de toutes les ombres, celle qui fait que dans les ruines et le désespoir de Gaza le taux de natalité est le plus fort du monde. Il m’intéresse de faire émerger dans ce spectacle la ruine active, de faire naitre ce dialogue avec l’impossible, de la menace avec laquelle on joue  et qui devient partenaire. La  terreur est une frontière et non un domaine et ce mur comme tout les murs finit par tomber.‘ Les images de destruction, et cette année de célébration de la ‘Chute du mur de Berlin’ ont nourri la réalisation d’une surface “sensible” en chute, en mouvement, où cette trajectoire tragique de destruction, de libération, invitera l’engagement lumineux des corps.
Ce qui reste de l’intime. Mur vivant, partenaire protecteur, il est tout ce qui reste en repère au monde, en séparation du reste. Une présence d’appui, pont d’observation, terrain de jeu. De sa surface dure au contact il est mur prison, mur miroir qui laisse seul au pied de son immobilité inébranlable. Il peut aussi dans une douceur étonnante se laisser pousser et faire  apparaître l’autre coté tant attendu, se transformer en terrain de jeu d’escalade enfantine,  partenaire ludique facile a traverser. En son moment noir il est terriblement agressif, menaçant dans sa chute possible, probable même, lentement ralentie. Sa ruine ne tiens qu’a un fil, comme tout le reste du monde, son effondrement final n’en était qu’attendu mais sa fulgurance violente nous laisse sans voix, et lorsque retombe la poussière tout n’est que silence.



Plateau mur -6m d’ouverture, 4m de hauteur porté par un plateau de 6m par 7m- articulé en trois parties… Motorisé par vérins hydrauliques… Mouvement de chute contrôlable en dynamique…
Blocage du mouvement de manière rigide en position intermédiaire… Pivot vertical central manoeuvrable à la main et verrouillable… Partie haute articulée… Commande à distance des mécanismes et verrouillages…
Une matière en mouvement, en chute d’une durée de 60mn est un moment dramatique en plusieurs étapes : Il y a le déclenchement de l’attention de l’audience, puis l’apparition de la menace par l’inclinaison lente du mur et sa fissuration…  L’imminence de cette chute se suspend par arrêt du mouvement… puis celle-ci devient de plus en plus rapide. La fulgurance violente et brutale de la fin de la chute finira par la destruction réelle de la partie haute du mur qui est en matériaux tendres.


La question des INTERPRETES
Une femme -Irène Vervliet- à la soixantaine passée, témoin silencieuse de cette zone de paix, et trois hommes de ces territoires en guerre. les jeunes danseurs d’origine tunisienne -Saïfeddine Manaï et Kaïs Chouibi-, dans la fougue de l’âge, mais aussi empreints de révoltes, de peurs, d’ amitiés fortes, sous la présence bienveillante d’ Ali Salmi porteront la dédicace de ce réel réinterprété sous vos yeux. Des êtres de poussière, dont les corps en mouvement s’offrent contre les désastres du monde. Reclus ‘plongés dans l’obscurité la plus totale’, luttant contre le ‘Noir’ qui, chaque jour, gagne du terrain sur cet espace hors du temps… Entremêlant l’ombre et la lumière, questionnant le monde et sa cruauté… Ce mur, le reste d’une maison, dans des ténèbres annonciatrices de désastres, les corps demeurent dans une posture éthique de résistance et dans l’éblouissement de la vie. Contre la barbarie et l’agonie du monde, une danse qui sublime la vie en réponse, en écho à la parole. Notre arme pour témoigner de notre époque, des tensions de ce monde que nous voudrions illuminer d’autres feux.


La question MUSICALE – VOIX
Un témoignage du réel, la voix présente par la parole vivante de Patrick Chauvel et celle de la voix chantée d’un trompettiste Marco Condoluci, elles encadreront l’espace de ce mur. D’un côté, la présence de ce ‘Rapporteur de guerre’ assit à une table -‘Diseur’ du monde. De l’autre côté, la présence ‘debout de corps’ de l’instrumentaliste trompettiste ‘Clairon de la charge héroïque, de la fin des combats… de la fanfare militaire’, interprétant les hymnes nationaux des pays traversés par le témoignage de Patrick Chauvel : Tchétchénie, Irak, Iran, Afghanistan, Liban, Israël, Soudan, Congo, Kenya, Timor, Yougoslavie, Nicaragua, Irlande, Angola, Mozambique, France… L’ensemble sera accompagné par d’autres hymnes passées cette fois à la moulinette électronique de Stockhausen : Hymnen.


La question LA LUMIÈRE OU PLUTÔT DU NOIR :
Partir du noir! Faire le noir. Au cinéma, tout commence dans la nuit. Une nuit qui impose ses lumières fugitives et un temps discontinu. Le noir inquiète, le noir fait peur. De la salle obscure à la ville, Alain FLEISCHER plonge dans l’infinie circulation des images qui caractérise notre modernité à travers son dernier ouvrage « L’empreinte et le tremblement, suivi de Faire le noir » Gaalade Editions »
Un travail sur l’obscurité et l’éclat de la lumière des êtres ou des ombres (celles des paysages, des images) dans un éclat de lumière des corps qu’illustre une anecdote de Patrick Chauvel -une jeune fille attendant tout les jours les rayons de soleil filtrés par les barricades de sa demeure, sous les bombes, pour poursuivre sa lecture quotidienne- et et cette photo de Stanley Greene